Lycée François Rabelais Ifs Normandie
Rejoignez-nous dans l’univers de l’accueil et du goût !

Accueil ::> Actualités. ::> Les Actions Pédagogiques ::> Les élèves de TS2 assistent au spectacle La Fabrique des Monstres

Les élèves de TS2 assistent au spectacle La Fabrique des Monstres

jeudi 12 avril 2018, par Professeurs de Lettres.

Les étudiants en 2e année de BTS se sont rendus au théâtre de Caen le mardi 10 avril pour assister à une représentation du spectacle « La Fabrique des monstres », inspiré de l’œuvre célèbre de la romancière anglaise Mary Shelley : « Frankenstein ».

C’est dans le cadre du cours de Culture générale et expression que les étudiants de 2e année de BTS ont effectué cette sortie. En effet, le thème « Corps naturel, corps artificiel » figurant au programme de l’examen, leur professeur avait jugé qu’un spectacle inspiré du Frankenstein de Mary Shelley offrirait l’occasion d’ouvrir une réflexion sur les différences entre le corps naturel et le corps artificiel. Comme chacun sait, le roman de Mary Shelley relate les mésaventures du Docteur Victor Frankenstein qui entreprend de donner la vie à une créature inerte, composée de tissus humains. Une fois son œuvre accomplie, le scientifique prend conscience de la monstruosité de son geste et abandonne la créature à son destin. Mais celle-ci le poursuit et le persécute en frappant les êtres qui lui sont chers.

L’expérience fut très éprouvante pour les étudiants. Le choix de déconstruire les éléments de l’histoire a rendu difficile sa compréhension pour un public non averti. Par ailleurs, la volonté de mêler à des éléments issus du roman le récit des circonstances de son écriture par Mary Shelley a encore rendu les choses plus complexes : le spectateur ne savait pas s’il avait devant les yeux les personnages du livre (le docteur Frankenstein, la créature, le petit William), êtres fictifs, ou bien l’auteure du roman en compagnie de ses amis, en proie aux affres de l’écriture. Créer la confusion dans l’esprit du spectateur, le perdre, le placer dans une situation d’inconfort voire d’embarras et de gêne devant des actions dont il ne perçoit ni les tenants ni les aboutissants : telle semble bien être une des missions que le metteur en scène s’est fixées.

Par ailleurs, la priorité accordée à la déclamation sur les situations de jeu et d’interaction entre les acteurs a tendu au fil des heures à créer un sentiment d’ennui irrépressible chez nos jeunes spectateurs. Dès les premières minutes, une tirade interminable sur les découvertes scientifiques avait achevé de les écœurer. Malgré leur patience (le mot doit être ici entendu dans son sens étymologique de « souffrance »), beaucoup d’étudiants seront malheureusement ressortis de la salle avec le sentiment que le théâtre d’aujourd’hui ne s’adressait pas à eux. Il faut convenir que beaucoup d’éléments du spectacle, malgré le talent et l’implication des comédiens, semblaient avoir à cœur de conforter des préjugés répandus sur un art présenté comme élitiste, inaccessible au grand public, car délibérément tourné vers l’avant-garde et l’expérimentation comme si la valeur d’une mise en scène ne se mesurait qu’au degré d’incompréhension et d’hébétude des spectateurs.

Néanmoins, gageons que lors de l’échange avec les étudiants qui suivra la représentation, l’enseignant piteux parviendra à les convaincre que cette expérience décevante ne doit pas les détourner définitivement des portes d’un théâtre.

Voir en ligne : Lien vers la présentation du spectacle sur le site du théâtre de Caen