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Rencontre avec l’écrivain Olivier Truc

mardi 26 novembre 2019, par Professeurs de Lettres.

Dans le cadre du festival « Les Boréales », les élèves de Terminale Pro B et de 1re Sciences et Technologies de l’Hôtellerie Restauration ont rencontré au CDI l’écrivain Olivier Truc, qui est venu leur parler de ses livres.

Après un temps d’échange avec les élèves, l’écrivain s’est livré au jeu des devinettes : il devait indiquer desquels de ses livres étaient tirées plusieurs citations. Exercice périlleux, concocté par notre professeur-documentaliste, mais remporté toutefois haut la main par Olivier Truc !
La rencontre s’est achevée par une séance de dédicaces et un goûter.

Les élèves vous livrent leurs impressions et vous proposent une restitution en exclusivité des propos de l’auteur.

Impressions d’élèves
La rencontre avec Olivier Truc fut très intéressante, elle m’a même donné envie de lire la suite de l’histoire. De plus, elle nous en a appris davantage sur la Laponie et ses habitants.

Marie-Lou

C’était intéressant car cela permet de découvrir les pays nordiques comme la Suède, la Norvège et la Finlande. Personnellement je connais très peu ces trois pays au niveau de leur vie locale. Il s’intéresse à la vie des Samis qui sont dénigrés et grâce à ses livres nous pouvons avoir une vraie image d’eux. Il défend leur cause malgré les critiques et c’est courageux de sa part.

Valentin

J’ai trouvé cette rencontre avec l’auteur Olivier Truc assez intéressante car je trouve qu’il a bien parlé de ses livres et ça se voyait qu’il est passionné par l’écriture, cela m’a donc donné envie de lire son livre.

Antonin

J’ai trouvé cette rencontre très enrichissante puisqu’elle nous a permis de voyager hors de France, avec les récits de l’auteur, ses expériences quotidiennes, etc.
De plus on a pu se faire une autre image de l’écrivain, qui est un métier plutôt hors du cadre normal. J’ai compris qu’il y avait de réels horaires et que c’est un métier très difficile (panne d’inspiration, peur de se répéter). Cela a effacé mon idée de l’écrivain qui écrit tout à la file sans lever son stylo jusqu’à la fin du roman comme si l’inspiration était présente 24 heures sur 24 heures.

Salomé

Restitution de l’échange

Olivier Truc vit de sa plume, ses ventes lui permettent de gagner un certain salaire, en plus de celui de son métier de journaliste. Il lui faut environ un mois pour l’écriture d’un roman de trois cents pages, il se fixe un objectif de dix pages par jour, même s’il doit y passer toute la journée, « entre 5 et 15h » dit-il. Ensuite il lui faut un autre mois environ pour la réécriture, il peut réécrire son texte dix fois tant qu’il n’est pas satisfait. Les nombreux prix littéraires qu’a obtenus Le Dernier Lapon permettent à l’écrivain d’avoir plus de visibilité aux yeux des éditeurs et de la relation avec les organisateurs de concours.

M. Truc n’a pas de préférence parmi les livres qu’il a déjà écrits. Pour lui, le meilleur livre reste celui à venir puisqu’il lui consacre tout son temps. Il hante ses nuits et ses jours.
Lors de ses déplacements, il porte toujours sur lui un carnet afin de noter ses éventuelles idées.

L’auteur vit en Suède, suite à la rencontre d’une Suédoise, il habite à Stockholm. Auparavant, M.Truc ne portait aucun intérêt aux pays nordiques, il préférait étudier les pays du sud ; par ailleurs, il vivait lui-même dans le sud de la France, à Montpellier.

L’auteur s’est très bien adapté à son nouvel environnement. Cependant, il y a 25 ans, les terrasses des cafés étaient inexistantes, c’est ce qui l’a au premier abord surpris puisque cela diffère du mode de vie français. En ce qui concerne le reste, le changement n’est pas si flagrant. Les gens qui vivent là-bas sont très simples, tout en restant plus réservés que nous.

Par ailleurs nous l’avons interrogé sur son premier livre Le dernier Lapon paru en 2012.

L’auteur a choisi la Laponie comme cadre de l’action parce que c’est dans cette région que vit la seule population indigène d’Europe et parce qu’elle est assez oubliée des autres pays scandinaves.

Certains éléments de l’histoire sont des faits réels comme par exemple une expédition menée par un Français en 1939 nommé Paul Émile Victor et deux de ses amis médecins. Cependant, beaucoup d’éléments ont été inventés par l’auteur pour la création de son roman ce qui crée un mélange entre le réel et le fictif.

Certains personnages de l’histoire sont inspirés de personnages proches comme Klemet et Nina qui sont deux policiers que l’auteur connaît mais d’autres personnages du livre d’Olivier Truc sont totalement inventés.

Lors de notre entretien avec Olivier Truc, celui-ci nous a avoué avoir modifié la vérité à propos de la police des rennes ; en effet, celle-ci n’est vraiment présente que sur la Laponie norvégienne et elle n’est pas habilitée à intervenir hors de ses frontières. Or, dans son livre, la police des rennes se déplace sans aucun problème sur tout le territoire lapon afin de faire avancer l’enquête.

Aussi, nous avons remarqué dans son livre Le Dernier Lapon la présence de sujets tabous, dérangeants tels que le grand écart d’âge entre un homme et une femme. Les deux policiers ont un écart d’âge d’environ 30 ans, où l’homme est le plus âgé. L’auteur a expliqué qu’il avait voulu parler de ce sujet car c’est une réalité en particulier dans la ville de Kautokeino où des histoires de viols sur mineures ont déjà causé beaucoup de troubles.

De plus, lorsque nous posons la question sur le cadeau d’Aslak fait à Nina par rapport à son utilité, Olivier Truc nous répond que dans un livre policier rien n’est anodin mais nous confirme que dans l’histoire Aslak ne se doute pas que son cadeau va mettre Klemet et Nina sur la voie du meurtrier.

Olivier Truc commence par faire un plan et des recherches quelques semaines avant de commencer à écrire son livre. Il se met dans un univers précis pour vivre avec ses personnages en choisissant une pièce dédiée à l’écriture de son livre. Il ne connaît pas les détails précis du livre en général mais tout ce qu’il écrit est réfléchi pour permettre de faire certains liens entre les personnages et il connaît parfaitement la fin de son ouvrage.

Dans le livre Le dernier lapon deux enquêtes peuvent être repérées : le vol du tambour et le meurtre de Mattis. Ces enquêtes n’apparaissent pas liées mais finalement elles le sont. C’est souvent une façon d’écrire un polar : deux enquêtes distinctes qui se lient vers la fin du roman.

Olivier Truc n’a pas d’auteur ni de livre de prédilection mais il lit beaucoup de genres de livre différents comme des polars, des documentaires, des articles de journaux, des romans d’aventure…